PVGIS estime la production mensuelle et annuelle d’une installation photovoltaïque à partir de sa localisation, de sa puissance, de son orientation et de son inclinaison. L’outil est gratuit et développé par le Centre commun de recherche de la Commission européenne.
Son résultat reste une estimation climatique, pas une garantie de production. Il est surtout utile pour vérifier l’ordre de grandeur annoncé dans un devis et comparer plusieurs configurations sur une base identique.
Quelles données saisir dans PVGIS ?
Choisissez « Performance du système PV connecté au réseau », puis renseignez les paramètres du projet.
- La localisation : placez le repère sur le bâtiment concerné, car l’irradiation varie d’un territoire à l’autre.
- La puissance PV installée : saisissez la puissance totale en kWc, et non la puissance d’un seul panneau.
- Les pertes du système : elles regroupent notamment les pertes électriques et celles liées à la température. Gardez la même hypothèse lorsque vous comparez deux variantes.
- L’inclinaison : 0° correspond à un module horizontal et 90° à un module vertical.
- L’azimut : dans PVGIS, 0° correspond au sud, -90° à l’est et 90° à l’ouest.
Si vous ne connaissez pas précisément la pente ou l’orientation de la toiture, testez plusieurs valeurs proches. Cette comparaison montre si le résultat est robuste ou très sensible à un paramètre.
Comment lancer une simulation pas à pas ?
- Recherchez l’adresse ou positionnez le repère sur la carte.
- Sélectionnez le calcul pour un système raccordé au réseau.
- Indiquez la technologie de module si elle est connue.
- Saisissez la puissance totale prévue, par exemple 3 kWc ou 6 kWc.
- Renseignez la pente et l’azimut du pan de toiture.
- Lancez le calcul, puis téléchargez le rapport pour conserver les hypothèses.
Pour comparer deux devis, créez une simulation par proposition sans changer arbitrairement les pertes. Vous pourrez alors distinguer l’effet de la puissance, de l’orientation ou de l’implantation.
Comment lire les résultats de PVGIS ?
La donnée principale est la production annuelle estimée en kWh. Le graphique mensuel révèle ensuite la saisonnalité : une moyenne annuelle correcte peut masquer une faible production hivernale, période où certains logements consomment le plus.
Divisez la production annuelle estimée par la puissance installée pour obtenir un productible en kWh par kWc. Cet indicateur facilite la comparaison entre deux installations de tailles différentes. Une simulation très supérieure aux autres mérite d’être expliquée : vérifiez l’azimut, la pente, les pertes et le point placé sur la carte.
PVGIS ne connaît pas automatiquement votre consommation heure par heure. La production annuelle ne correspond donc ni à vos économies ni à votre taux d’autoconsommation. Pour aller jusqu’à la rentabilité, il faut rapprocher la courbe de production de vos usages et distinguer l’électricité consommée sur place du surplus vendu. Le guide sur l’autoconsommation photovoltaïque explique cette différence.
PVGIS tient-il compte des ombres ?
Le relief lointain peut être intégré au calcul, mais les obstacles très locaux, comme une cheminée, un arbre ou le bâtiment voisin, demandent une étude de masque spécifique. Une simulation PVGIS seule ne suffit donc pas lorsque la toiture reçoit des ombres visibles.
Demandez à l’installateur de chiffrer la perte correspondante et de montrer l’implantation retenue. En présence de végétation, vérifiez aussi l’évolution prévisible de la couronne des arbres dans les prochaines années grâce au guide arbres et panneaux solaires.
Quelles erreurs faussent le plus souvent la simulation ?
- confondre kWc, qui mesure la puissance de l’installation, et kWh, qui mesure l’énergie produite ;
- saisir l’orientation selon une convention différente de celle de PVGIS ;
- additionner des pans de toiture de plusieurs orientations dans une seule simulation ;
- ignorer une ombre proche qui n’apparaît pas dans le modèle ;
- transformer directement la production annuelle en économies sans étudier les heures de consommation.
PVGIS fournit une base indépendante et reproductible. Conservez le rapport avec le devis : vous pourrez comparer les hypothèses annoncées avant la pose, puis rapprocher l’estimation de la production réellement mesurée après la première année complète.
Questions fréquentes sur une simulation PVGIS
Quelle base de données de rayonnement faut-il choisir ?
La base proposée par défaut convient à une première estimation. Si plusieurs jeux de données sont disponibles pour votre emplacement, relancez le calcul avec chacun d’eux sans changer les autres paramètres. L’écart obtenu donne une indication utile sur l’incertitude climatique de la simulation.
Peut-on additionner deux orientations de toiture ?
Oui, mais il faut simuler chaque pan séparément. Calculez d’abord la production de la puissance installée à l’est, puis celle de la puissance installée à l’ouest ou au sud. Additionnez ensuite les productions mensuelles. Cette méthode conserve la différence de profil entre le matin et l’après-midi.
Pourquoi le devis annonce-t-il davantage que PVGIS ?
Comparez la localisation, la puissance, la pente, l’azimut, les pertes et la prise en compte des ombres. Un installateur peut utiliser un autre logiciel ou une autre base climatique, mais il doit pouvoir expliquer l’écart. Une production élevée sans hypothèses consultables ne constitue pas une garantie.

